mercredi 27 juillet 2011

Deuxième chapitre...

Je prends le temps d'écrire mais j'annonce que je n'ai toujours pas pris celui de "sacar unas photos" pour vous montrer mon nouvel univers... Je promets de me rattraper, pour l'heure je vais vous conter mon quotidien, qui se rapproche de plus en plus de celui d'un argentin type. 

Depuis Samedi, je vis dans une auberge qui ressemble à peu de chose près à un vieil hôtel désaffecté (les travaux sont en cours!) mais qui s'avère être un petit coin de paradis grâce aux gens qui l'habitent et qui la font vivre! Il faut dire que le staff a élu domicile ici, ainsi que quelques autres personnes qui sont tombées amoureuses du pays et qui restent dans cette auberge du bonheur parce qu'on s'y sent bien... Il y a un je ne sais quoi qui vous rend zen, heureux et "en vie" avant tout! 
Je n'ai malheureusement pas de photos de cette bande de gais-lurons (et j'ai la flemme de monter jusqu'à mes "appartements" pour aller chercher mon appareil) mais vivent ici: Carolina, Alvaro, Adriana (qui préfère qu'on l'appelle Adri), Pablito, Sara, Guillermo (je dois surement écorcher son prénom), Jesus et Leandro. Le plus jeune a 20 ans et le plus âgé 71, il en parait 60 et je pense que c'est le plus actif de tous! Ils m'ont pris sous leur aile dès mon arrivée et je dois dire que ça fait un bien fou: nous buvons le maté ensemble tous les jours, nous partageons nos journées, refaisons le monde autour d'un bon repas... Même les chauve-souris qui couinent au dessus de nos têtes ne pourraient pas ébranler l'ambiance paisible et saine qui règne ici. 

En plus de cette 2e maison, j'ai également trouvé mon bonheur où sein de la Fondation Léon. Située à quelques cuadras de l'auberge, cette association couvre plusieurs domaines: l'éducation, la santé, le développement communautaire et l'aide financière. L'ensemble des employés et des volontaires qui s'y investissent est réellement adorable! C'est tout un monde qui s'ouvre à moi, un univers que je ne connaisse que partiellement. En tant que volontaire, je pense me diriger vers 2 secteurs: la santé et le développement communautaire, j'ai déjà participé à une réunion au sein du programme "Matias" qui s'emploie à aider les plus défavorisés en commençant par les enfants. Samedi nous irons sur place afin de leur créer un espace commun (réfectoire) où les règles d'hygiène de base seront respectées, nous allons mettre sur pied certaines activités pour divertir les enfants et des médecins bénévoles vont venir ausculter les familles gratuitement. (Nous apportons également une quantité phénoménale de dentifrices, brosses à dents, peignes, savons, préservatifs, etc.)
Aujourd'hui, avec 2 membres du programme "Ezequiel" (secteur de la santé), je suis allée visiter un hôpital pour enfants et tout un tas d'autres départements afin de voir ce qu'il était possible de faire pour leur venir en aide. Il est important que vous sachiez que les hôpitaux d'ici n'ont rien avoir avec les nôtres: ils sont vieux, sales, mal équipés et désorganisés. On s'y balade comme on veut, on entre où bon nous semble et personne ne vous dit rien... Les familles vivent littéralement dans les couloirs pour rester près de leurs enfants. Les chaises de camping se suivent en rang d'oignons, sous une pile de couvertures et de paquets de nourriture consommée à la va-vite. Les patients sont tous "parqués" dans des grandes salles où il fait très froid l'hiver et irrespirable l'été. Ils n'ont rien d'autre à faire que d'attendre: pas de télé, pas de fleurs, pas de tableau au mur... Les jouets sont gardés sous emballages pour limiter le risque de bactérie je présume (ce qui n'a pas beaucoup de sens à mes yeux mais passons). Il y a un manque cruel d'organisation entre les différentes parties du même hôpital, il faut dire que chaque département est séparé des autres: il faut prendre un taxi pour aller de la maternité à la section pour enfants. Les secteurs ne communiquent pas entre eux et les familles des patients sont les victimes de ce manque d'organisation. Rien n'est mis en place pour leur permettre de se loger ni même de retourner chez eux: ils arrivent en même temps que leur progéniture avec l'ambulance et restent plantés là, perdus et soucieux de savoir le sort que l'on réserve à leur enfant. Imaginez-vous le nombre de choses qu'il reste à faire ici pour octroyer un service minimum à ces personnes! Cette journée m'a marqué, je n'ai évidemment pas de photos de ce que j'ai vu et j'espère que je suis parvenue à vous transmettre un peu mes impressions... 

Le pire (ou le meilleur) dans tout ça c'est que la vie continue, je commence à comprendre d'où leur vient cette force tranquille, cette sagesse qui émane de chacun d'entre eux. Ils relativisent parce qu'ils n'ont pas d'autre choix et je pense que nous devrions en tirer une leçon, nous, européens de la classe moyenne. Demain je vais découvrir le "barrio" où vivent les sans-papiers et leurs familles, je vous ferai part des mes impressions! 

Pour l'heure, le maté se prépare doucement: il y a un texte écrit par un journaliste de Buenos Aires sur cet "art", il dit que ce n'est ni une boisson ni un plat, c'est un partage, une discussion, un moment passé entre amis et un prétexte pour se voir. Il a raison. 

dimanche 24 juillet 2011

Villa Carlos Paz & Familia

À l'heure où je vous écris, un tas de choses ont changé depuis le dernier post: Julien s'est envolé pour la Belgique et devrait être en train de patienter à Madrid pour prendre son deuxième vol. Pour ma part je suis de retour à Tucumán où je vais rester un mois complet comme volontaire au sein d'une association humanitaire: la Fundación Leon. 
C'est très bizarre de se retrouver seule après un mois de "vie commune" avec un ami, il me manque déjà et je vais devoir m'adapter à ce nouveau mode de vie. J'ai hate de faire des rencontres et de tisser des liens d'amitié avec les autres volontaires: je commence lundi, en attendant j'ai toute la journée du dimanche pour me reposer, écrire cet article et faire un tour en ville. 

Je ne vous ai pas raconté notre dernière journée en tant qu'aventuriers à Villa Carlos Paz, c'est une destination assez intéressante! Au départ, le Lonely Planet affirmait que c'était une ville kitch et tumultueuse qui servait de station balnéaire aux argentins. Quand nous sommes arrivés, nous avons été très surpris de tomber sur une belle Costanera, le long d'un lac artificiel immense où doivent se bousculer baigneurs et pédalos en plein été. Je dirais que la côte représente tout ce qu'un enfant classifierait de paradisiaque: circuit de karting, mini-parc d'attraction, aire de jeux au bord de l'eau, etc. 

vue de la Costanera

En pleine saison sèche, le centre-ville au loin. 


Concert, théâtre, comédie musicale... 

le Centre-ville 

Le temps était délicieux, mon pull en laine de lama fraîchement acheté était un peu de trop mais j'ai fait avec! Nous avons mangé dans un très chouette restaurant au bord du lac. Pour son dernier jour, Julien s'est fait plaisir et n'a pas refusé un dessert 100% sucre, je sais que l'Argentine lui manque déjà! Après ce petit festin gastronomique, nous sommes partis vers le centre ville et y avons découvert un paysage complètement différent: Lonely Planet avait raison, Carlos Paz est kitch, commerçante et évènementielle. Sur un rond-point, un coucou de plusieurs mètres fait la fierté de la ville, l'oiseau sort toutes les demies-heures sous les yeux ébahis des touristes amassés en dessous, camera au point. Un délice! 

Ze Coucou, un grand moment!

Après un tour dans les magasins du centre pour y admirer tout un tas d'articles touristiques (kitchs également), nous sommes partis acheter du vin au "Disco", l'équivalent d'un supermarché classique. Je vous conseille le Trumpeter (Malbec ou Cabernet) un délice! Nous l'avons partagé avec mes cousins: Martin et Marcos, qui habitent Cordoba et avec qui nous avons passé nos deux soirées sur place! J'appréhendais un peu le fait de les "rencontrer" après 15 ans mais j'ai eu tort d'avoir quelques soupçons: ils sont tout simplement géniaux, pleins d'humour et accueillants! Je me rends compte que nous avons un tas de points communs et que les traits de caractères s'étendent bien au-delà des frontières. Je me suis tout de suite sentie à l'aise en leur compagnie et ça m'a fait chaud au cœur de savoir que j'avais un peu des miens à plus de 10000 kilomètres de la Belgique. Ca m'a un peu rendue triste de ne pas pouvoir rester plus longtemps avec eux mais nous avons déjà prévu de nous revoir avec d'autres membres du "clan": j'ai hate! 

Je n'ai malheureusement pas de photos à poster concernant mes cousins, Julien les a toutes sur son appareil étant donné que le mien n'avait pas de batterie. Pleine de bon sens, j'avais en tête de le recharger à l'auberge avant d'aller chez Martin mais je l'ai évidemment oublié en partant... C'est tout moi! Du coup Julien a près de 150 photos de la soirée en sa possession, je les attends avec impatience! 

Pour l'heure je suis dans mon nouveau chez moi, une auberge immense (mais vraiment immense) en plein centre de Tucumán, d'autres volontaires arrivent d'Espagne mardi: j'ai hate de les rencontrer et de commencer une nouvelle aventure. Demain je vais découvrir la fondation et son fonctionnement, je vous raconterai tout ça du mieux que je peux! 
J'annonce aussi que j'ai modifié les paramètres des commentaires et que normalement, vous allez pouvoir les mettre beaucoup plus facilement. Du moins, je l'espère! 


jeudi 21 juillet 2011

Cordoba, me encanta!

Après 6150 kilomètres parcourus, nous voilà arrivés à Cordoba, deuxième plus grande ville du pays (après Buenos Aires). C'est ici que vit une partie de ma famille et je dois dire que j'en suis gonflée d'orgueil: Cordoba est une ville magnifique, gigantesque et culturelle à souhait! Elle conclut notre périple comme une cérise sur un budin con dulce de leche (gateau/flan muy muy rico!) et nous rend définitivement amoureux du pays! 

La cathédrale sur la Plaza San Martin. 

La même cathédrale de nuit... grandiose! 
La journée d'hier a été plus que calme: après une petite sieste curative suivie d'une douche indispensable, nous sommes partis en quête d'un restaurant... Il était 18h quand nous avons quitté l'auberge et c'est à 20h tapantes que nous sommes enfin tombés sur une table ouverte! Il faut dire que les argentins mangent tard: vers 22h... Du coup les restaurants n'ouvrent généralement pas avant 20h! Il nous a fallu un temps certain pour accepter notre défaite: nous avons parcouru la ville en long, en large et en travers (de gré ou de force en se trompant de sens sur plusieurs cuadras!) avant de nous arrêter devant "La Perla", un restaurant plus que sympathique qu'il est impossible de rater vu la grandeur de sa baie vitrée... 
L'estomac dans les talons, nous avons défait notre bouton de pantalon et avons commandé entrée, plat, digestifs ainsi qu'un vin savoureux: Trumpeter de son doux nom! 
Chez les Argentins, le 20 juillet est le jour de l'amitié (une deuxième saint-Valentin pour nous, en quelque sorte). Ils prennent la chose très au sérieux et les rues étaient pleines de passants, les restaurants ne désemplissaient pas et il y avait même des files de plusieurs groupes devant chaque établissement. Je ne vous cacherais pas qu'il est grisant de siroter son verre de rouge en dégustant un bife de lomo vuelta/vuelta pendant qu'une bande de quinquagénaires lorgnent votre assiette d'un regard torve (spéciale dédicace à qui saura, s'il me lit: qu'il m'envoie un mail!). 

Après avoir tendu la peau de notre ventre et remercié le petit jésus, nous sommes rentrés à l'auberge "Palenque Hostel" (que je recommande!) où nous avons sombré dans une léthargie délicieuse en prévision du lendemain. 

petite ruelle entre la cathédrale et le cabildo,  sur la Plaza San Martin. 

Un des fils rouges de notre voyage: les Malouines (Argentines évidemment!)
Aujourd'hui, nous nous sommes levés gonflés à bloc: c'est donc tout naturellement que nous sommes partis à la découverte (diurne) de la ville. Elle nous avait parue vraiment superbe la nuit dernière et elle l'est réellement: le centre regorge d'édifices colossaux, de rues piétonnes agréables et de cafés culturels plus qu'attirants! On sent qu'il y vit tout un tas de personnalités différentes mais l'ambiance générale reste très artistique et ça nous plait: des magasins, des galéries, des musées, il y a de tout et on ne se sent pas écrasé pour autant! Le temps était au rendez-vous et nous a vite fait oublié le vent glacé de Mendoza: un soleil radieux en plein hiver, c'est ce qui nous a accompagné pendant presque tout notre voyage.

La Statue du général (parmi les 20.000 que doit compter le pays!)

Dans la petite ruelle: le Museo de la Memoria, poignant! 
Si vous passez par Cordoba (je vous le souhaite), arrêtez-vous au Musée de la Mémoire, il vaut le détour et plus d'une fois! Installé dans l'ancien centre de détention et de torture des années 70' alors que la dictature militaire argentine sévissait sans être inquiétée, il relate cette période néfaste en rendant ses atrocités presque palpables. C'est avec la chair de poule que nous avons visité jusqu'au moindre recoin des lieux: tout est ouvert au publique, l'ambiance y est pesante, captivante. Les guides sont soit des anciens prisonniers de la dictature soit les enfants des "portés disparus". Ils vous content leur passé avec un regard profond, une voix posée et des gestes doux. Je pense que cette visite compte parmi les meilleures de notre périple. 

Pour rester sur notre lancée, nous avons enchaîné avec le Museo Historico Provincial Marqués de Sobre Monte. Si nous y avons mis les pieds ce n'est pas vraiment pour les œuvres bibliques mais bien pour la maison coloniale qui les abrite. Une bâtisse immense qui a conservé tout son cachet, des patios magnifiques, des poutres apparentes, des tomettes au sol, des portes à double battants, ... Tout ça niché au cœur d'une ville trépidante, piquée de grattes-ciel et autres immeubles modernes. Cordoba a su conserver son authenticité tout en évoluant avec son époque, je pense que c'est ce qui nous charme le plus ici.  
Le patio del Aljibe 
Je pose avec des canons (si si!)

joli n'est-ce pas? 

les cloches attirent les cloches, verdad

Un jour j'expliquerai à Julien comment plier les genoux... 

vue sur les toits! 
Le temps était venu de nous restaurer (encore) et nous avons suivi le guide aveuglement pour nous installer dans un énième bouiboui plus que douteux. On y a mangé du Matambre, un plat régional à base de bœuf (vous l'aurez deviné). Julien a déçu ses fans en omettant de prendre la photo de son assiette, je rattraperai le coup si l'occasion m'est donnée. Malgré un état des lieux pessimiste, nous en sommes sortis vivants pour nous diriger vers La Manzana de las Luces (version 2.0) ou, autrement dit, le quartier Jésuite. De nouveau, c'est en plein milieu des buildings et des avenues que se cache tout un cuadra au cachet indéniable. Nous avons pu y découvrir la plus ancienne université de la ville ainsi que plusieurs autres bijoux dont le nom m'a échappé. 

La Manzana de las Luces

Chat perché (ouvrez l'œil!)

L'entrée de l'Université. 
Notre réserve d'énergie nous a poussés vers la Plaza Vélez Sarsfield où se trouve un centre commercial qui ferait pâlir de honte les Grands-Prés montois où les Galeries Louises bruxelloises... Quand on fait les (vraies) boutiques en Argentine, on ne les fait pas à moitié. Un peu de lèche-vitrine ne nous aura pas fait de tort, même si c'est sur la place que j'ai craqué pour deux pulls en laine d'Alpaga... Question budget les vendeurs ambulants sont plus dans mes cordes. J'annoncerais également que j'ai essayé de marchander sous le regard amusé de Julien, sans succès évidemment! 

La galerie marchande... 
Après cette journée bien remplie, nous voilà de retour à l'auberge où du repassage m'attend (véridique). Ce soir nous avons rendez-vous avec mes cousins pour "ir a tomar algo" et demain nous nous rendrons à Villa Carlos Paz, ultime destination avant le départ de mon compère... 

mercredi 20 juillet 2011

Mendoza: une ville à vivre!

Nous voilà arrivés à Cordoba, dernière étape de notre périple (sans compter Villa Carlos Paz) après quelques 6000 kilomètres parcourus. Je n'ai pas eu le temps d'écrire lorsque nous étions à Mendoza donc j'essaierai de me rattraper du mieux que je peux!

L'eau de la fontaine est colorée... en bleu! 
Je dois avouer que nous attendions beaucoup de cette ville étant donné toutes les éloges qu'on nous en avait faites. Malgré tout, nous n'avons pas trouvé que Mendoza était une ville grandiose d'un point de vue architectural. Un tremblement de terre a considérablement modifié le style colonial caractéristique en quelque chose de plus moderne. Cela dit, c'est une cité immense, très très propre (même un peu trop) et vivante. Nous avons tous les deux eu le sentiment que Mendoza était plus un lieu à découvrir socialement. Le temps n'était pas vraiment au rendez-vous, il faisait froid et venteux (toujours ces rafales qui viennent du Sud et qui vous glacent un bon coup!) Ce qui a considérablement limité nos déplacements.
Comme à notre habitude, nous avons consacré notre premier jour à la découverte des environs. Mendoza dispose d'une place principale immense entourée de 4 autres plus petites. Il est très facile de s'y retrouver avec ces éternelles constructions en damier. Les bâtiments sont très modernes et les boutiques branchées. On sent que le niveau de vie global est plus élevé dans cette région. Les gens ont un autre style, plus raffiné, plus européen que jamais! Je comprends tout à fait pourquoi les argentins nous ont dit que c'était une ville magnifique. Nous n'avons pas les mêmes critères, pendant que nous recherchons un dépaysement comme celui de Salta, eux apprécient ce qui plus moderne, propre, beau et grand. Pour ça, il est vrai que Mendoza répond tout à fait à leurs attentes on s'y plait, on respire.

La place principale, détrompez vous: il faisait très froid! 

La mairie avec son toit-terrasse. 

la terrasse panoramique. 

À l'Est de la ville la mairie propose une vue panoramique de la ville et de la "pré-cordillère". La terrasse est décorée avec tout un tas de sculptures en bois vraiment superbes. La vue en elle-même permet de se rendre compte de l'étendue de Mendoza et de la proximité des montagnes, l'Aconcagua n'était pas visible de là où nous étions mais la barrière montagneuse qui se dressait devant valait déjà le détour!

la pré-cordillère. 
Nous nous sommes rendus à l'autre bout de la ville pour visiter l'aquarium et le reptilarium (une fois n'est pas coutume!). Manque de chance: le premier était fermé pour cause de travaux jusqu'en Novembre et le second était relativement petit. Nous avons quand même pu contempler plusieurs espèces présentes en Argentine, dangereuses ou non. Il y avait également de charmantes "mygales" visiblement inoffensives mais qui vous feraient hurler de peur si vous vous trouviez à quelques pas de l'une d'entre elles. Je déplore la taille des vivariums, ces animaux doivent mourir d'ennui.

Dites bonjour au Cascabel, crotale venimeux!

Araña pollito... inoffensive! 
Après cette visite éducative (si si!) nous avons pris notre courage à deux mains et sommes allés au Parque San Martin, situé (de nouveau) à l'autre bout de la ville. Ca nous a permis de découvrir les plus belles demeures des quartiers chics. Ici, toutes les maisons qui ont un peu plus de standing sont entourées de grillage et parfois même de barbellé. Les fenêtres sont également protégées et ça ne m'étonnerait pas qu'il y aie un système d'alarme supplémentaire. C'est curieux parce que nous ne ressentons pas l'insécurité, nous voyons toujours les choses avec nos yeux de touristes et je suppose que nous passons à côté de pas mal de détails essentiels à ce niveau là.

l'entrée du Parque San Martin. 

Un joli petit effet de lumière, au Parque San Martin toujours. 
Nous n'avons malheureusement pas approfondi notre visite du parc car nous avions froid, le soleil commençait à descendre et le temps se dégradait relativement vite. Nous sommes donc rentrés à l'auberge où la température était proche de celle présente à l'extérieur, il faut dire que c'est une habitude maintenant: douches froides ou fraiches, chambres non chauffées, un feu crépite parfois dans les pièces communes mais l'hiver reste tenace. Il faisait meilleur au Nord et je suis contente de savoir que je vais y rester pour un mois!

Notre deuxième jour a été consacré aux nouveaux amis que nous avons rencontrés à l'auberge: suisses et français pour une fois. Nous avons passé la journée à écumer les endroits chauds de la ville en attendant de prendre notre car pour Cordoba. Nous aurions du aller faire la tournée des bodegas de la région (en vélo) mais la soirée de la veille a été fatale, nous nous sommes levés tard et le temps ne donnait vraiment pas envie de mettre le nez dehors. C'est très dommage et j'espère que les bouteilles sont tout aussi valables ici!

Conclusion: Mendoza est une ville à vivre plus qu'autre chose et nous comprenons l'engouement des argentins pour cette région. Cordoba promet d'être agréable, d'autant plus qu'y vit une partie de ma famille! Dernière étape du voyage de Julien, j'espère terminer ce périple en beauté! 

samedi 16 juillet 2011

Tucumán: Buenas Ondas

Nous sommes posés dans une sorte de cafétaria à l'heure où je vous écris. Notre car part dans 3heures 30 vers Mendoza et nous profitons de la ville encore un peu. 
Tucumán est surprenante, vivante et trépidante. Elle me fait penser à Buenos Aires en moins surfait, plus viable et aéré. Les gens sont moins typés mais gardent tout de même des traits méditerranéens, ils sont souriants et pleins d'humour. Julien et moi avons plus ou mois retrouvé nos tailles respectives, même si la majorité des gens reste petite. On sent que c'est une ville où la fête bat son plein et nous en avons fait les frais! 

Le parc Urquiza. 

Vers el Parque 9 de Julio
Hier nous sommes allés à la découverte des sites "incontournables" de la ville, comme à notre habitude. Depuis la place Independencia, un parcours "historique" nous a invité à découvrir les édifices les plus impressionnants tout en arpentant des rues pleines de gens, de taxis, de chiens et autres curiosités qui nous paraissent aujourd'hui de plus en plus familières. 
Nous parvenons au Parque 9 de Julio après quelques minutes de marche: ce "parc" s'étend sur plusieurs centaines de mètres, il est travaillé, taillé, pensé et éclairé avec énormément de goût et vous avez directement envie de vous y arrêtez ne fut-ce que quelques instants pour profiter d'un moment de détente en pleine nature et ce, à quelques mètres seulement du centre ville. 

Parque 9 de Julio

Casa del Obispo Colombres
Après avoir flâné dans ce parc immense et être tombés sur une métropole fourmilière (sans mentir, j'en reste encore sans voix!) que nous avons contemplée pendant plusieurs minutes, nous sommes partis en quête d'un distributeur automatique car nos poches se vidaient de plus en plus. Il faut dire que Julien me sert de banque depuis plusieurs jours car ma carte visa fait des siennes. (Je savais qu'il allait me servir à quelque chose :D). Il y a une chose à savoir lorsqu'on vit en Argentine et qu'on a besoin de cash: ne prévoyez pas une courte visite dans la banque du coin! Armez vous de patience et attirez la chance à vous pour que les 15 personnes se trouvant dans la file soient rapides et surtout, qu'elles ne vident pas la réserve! C'est le genre de contre-temps qui vous fera marcher 3 ou 4 cuadras supplémentaires pour atteindre la prochaine banque. 
Grace à cela, nous avons pu vivre un autre aspect du quotidien argentin: l'attente (bis) dans les restaurants. Ici, on dine tard: 13h30, 14h et ici, on dine en ville! À l'avenir nous saurons que lorsque la charmante hôtesse nous dit "15 minutes d'attente" cela veut dire "45 minutes d'attente". Les restaurants sont bondés à 14h, il est impossible de trouver un place assise et les gens attendent sagement qu'une table se libère, c'est folklorique et le repas vous semble encore meilleur! Conclusion, nous sommes sortis de là à 16h30/17h... un grand moment! 

En ville. 

Les chicos que nous avions rencontrés à Jujuy nous avaient proposé de se retrouver à Tucumán car ils comptaient faire une halte dans le coin. Nous avons donc passé la soirée avec ces locos dans leur auberge (magnifique en passant!) à goûter aux joies du Fernet-Coca! Les rencontres que nous faisons sont éphémères mais vraies, il n'y a pas faux-semblants parce qu'il n'y a aucune raison d'en avoir. Cela enrichit notre voyage et nous permet de partager nos impressions sur telle ou telle chose.

Hernan 1, Hernan 2 et Julien (plus les Fernet-Coca).

Juan-Ignacio et moi, ainsi qu'un Fernet-Coca. 
 Nous sommes rentrés tard pour nous lever lessivés, zens et contents d'être là. Nous apprécions tous deux la ville, son ambiance, son climat (idéal même si peu commun). Je suis contente de savoir que je vais passer un mois supplémentaire ici, il y a plein de choses à découvrir et j'ai hâte de prendre mes marques. Ce midi nous avons testé le Locro, plat régional très prisé qui doit faire dans les 2000 kcal! C'est une sorte de "ragoût" aux ingrédients indéterminés (viande de bœuf et de porc, maïs, haricots, pain, potirons, piments, pommes de terre et beaucoup de graisse!). Je dois avouer que sur le coup, Julien m'a épatée: il s'est enfilé son plat et les 3/4 du mien (beaucoup trop copieux pour mon estomac) avec une allégresse qui faisait plaisir à voir! 

Riquisimo locro! 
Pour l'heure nous sommes toujours assis dans un petit snack près de la place, le soleil s'en est allé pour laisser la place à quelques nuages... Nous allons nous diriger vers le Terminal pour atteindre notre avant-dernière étape: Mendoza. 

jeudi 14 juillet 2011

Ce pays est un piège!

Je vous écris de Tucumán où nous sommes arrivés début d'après-midi. Le voyage en micro-bus-boite-à-sardines nous a épuisé comme il faut: levés à 5h, départ à 6h et arrivés à 13h30... On ne va pas s'en plaindre mais je pense que le cou de Julien a rendu l'âme (ainsi que son genou) et que mon dos demande un lit digne de ce nom dans les plus brefs délais :) Il n'y a plus de jeunesse! 
Cela dit, je ne veux pas vous parler de nos petits bobos de jeunes voyageurs en mal de confort notable, surtout qu'au final ce n'est pas vraiment le cas: on adore ce qu'on vit, on ne l'échangerait pour rien au monde et non, on ne va pas se plaindre! Nondidju! 

Non, ce dont je voudrais vous parler c'est de ce pays étrange qui se renouvelle au détour de chaque tournant... Comme vous avez pu le voir sur les quelques photos postées, les paysages sont assez grandioses et diversifiés! Aujourd'hui, nous avons encore eu la surprise de découvrir un autre type de végétation (2 pour être exacte!) en moins de 4 heures... Nous sommes passés des Quebradas désertiques et arides à des montagnes couvertes d'une forêt dense et millénaire. Je me serais crue dans un livre de Tolkien tant la végétation était étrange et touffue. 

5h30 du matin, Cafayate. 

Sur la route vers Tucumán... 

une végétation inédite à nos yeux. 
Nous pourrions comparer ça à un mélange entre les paysages corses et ceux de Savoie en remplaçant les pins et conifères par des arbres et des plantes plus tropicaux. C'est dur à expliquer, c'est beau, ça donne envie de plonger dedans et de s'y perdre pour quelques heures. 
Le car roulait sur la route sinueuse (et chaotique) comme si de rien n'était, je pense que les seuls conducteurs qui ont réellement obtenu leur permis ici sont les chauffeurs de ces colectivos. Sans mentir, ils gèrent et on se sent en sécurité malgré la falaise d'un coté et les éboulements de l'autre (sans parler des travaux, des voitures qui dépassent sans prévenir, des camions arrivant à contre-sens, des chevaux et chèvres sur la voie... ça roule!) 

C'est toujours une surprise de partir vers une nouvelle destination: nous ne savons jamais quelle vue nous allons découvrir, quel type de morphologie les habitants du coin vont avoir... L'Argentine est pleine de ressources et nous montre tous les jours un peu plus son immensité, alors que nous pensons à chaque fois nous y habituer. Une heure avant d'arriver à Tucumán, nous avons abandonné ces montagnes prolifiques et ce petit ruisseau serpentant en aval pour laisser la place à des champs de canne-à-sucre qui s'étendent à perte de vue. 

nous passons de ceci... 

à cela, en quelques minutes seulement. 
Bref, nous ne sommes pas au bout de nos surprises, l'Argentine tient ses promesses et plus encore. J'ai parfois peur de ne pas réussir à transmettre toute l'importance et la puissance de ce pays, de ses habitants et de leur culture. J'aurais beaucoup de choses à raconter de vive voix en rentrant mais j'essaie d'être la plus claire possible! Tucumán est une grande ville, cosmopolite mais argentine avant tout. La place est superbe et le climat est plus qu'acceptable: 25°C en plein hiver... Il y a un tas de bars, de restaurants, de théâtres, cinémas, cafés-concerts, conservatoires, etc. C'est une ville culturelle en plein essor qui mériterait bien un petit coup de peintures à certains endroits mais nous sommes néanmoins sous le charme! 

Malgré quelques petits problèmes de réservation, nous sommes déjà comme des poissons dans l'eau et demain nous partirons explorer la ville plus en profondeur! 

mercredi 13 juillet 2011

The sound of silence

Cafayate: 2e jour, nous nous mettons en route plus tard que prévu car nous faisons la connaissance de Coline, une française de 25 ans qui n'était, à la base, que de passage en Argentine et qui n'arrive plus à décoller du pays! On la comprend bien! Elle nous donne des tuyaux sur la région et nous échangeons nos impressions, une rencontre très sympathique! Pour l'heure je pense qu'elle doit être en route vers Salta où elle allait avec une chilienne rencontrée en chemin... Ce genre d'histoire est vraiment courante par ici et nous aimons les écouter!

la patio de l'auberge. 

le bar du patio de l'auberge ;)
Il est donc 14 heures quand nous nous mettons en route vers le Rio Colorado où nous savons qu'il y a une jolie chute d'eau et des peintures rupestres dans les grottes avoisinantes. On nous avait conseillé de partir avec un groupe d'excursion mais nous étions confiants et selon le Lonely, il n'y avait pas plus simple comme balade. Nous sortons donc du village en suivant le panneau "rio colorado", le long d'un chemin sablonneux où passent de nombreux cavaliers ainsi que des pick-ups. Nous sommes les seuls "piétons" et nous comprenons vite pourquoi: le chemin est long, il monte de quelques degrés (de ceux que vous ne voyez pas mais que vous sentez!) et la poussière nous donne vite une soif impensable.  Cela dit, les paysages nous ont fait oublier les kilomètres de sable (ils sont forts ces argentins!). 

une "maison" à la sortie du village! 

on the road again! 

on the "ruisseau aseché" again! 

Las Valles Calchaquíes

si c'est le Rio Colorado, je demande remboursement! 
Après 1h45 de marche hésitante, nous nous arrêtons dépités face à ce paysage grandiose. Pas l'ombre d'une cascade à l'horizon et cela fait belle lurette que nous n'avons pas vu un panneau indiquant la bonne direction... Des autochtones nous avaient pourtant dit que nous n'étions plus très loin mais nous tournions un peu en rond et arrivions systématiquement dans des propriétés privées. Il était 16h, continuer à chercher le bon chemin devenait risqué en sachant que le soleil se couche tôt et que nous n'avions rien des randonneurs de l'extrême... Nous avons rebroussé chemin, la tête basse. En rentrant à l'auberge, la receptioniste nous a expliqué (un peu amusée) qu'il était très difficile d'arriver au bon endroit par ses propres moyens et que rien n'était indiqué pour permettre aux gosses du coin de se faire de l'argent et jouant aux guides... Je comprends pourquoi le chemin indiqué par les autochtones n'a mené nulle part! Tout se paie dans ce pays, on l'aura appris à nos dépends mais nous n'en sommes pas moins ravis d'avoir pu apprécier un nouveau type de paysage par une température plus qu'agréable! Nous partons demain en direction de Tucumán, le car part à 6 heures du matin... Il faut ce qu'il faut!

Le Nord est vraiment une région fantastique, je pense ne pas me tromper en affirmant que c'est celle que nous avons préférée jusqu'à maintenant. Nous sommes impatients d'arriver à Cordoba, où mes cousins habitent, il paraît que c'est une des plus belles villes du pays! 

Bon Dour à tous, en passant!