jeudi 30 juin 2011

San Antonio de Areco, bienvenus chez les gauchos!

Après avoir visité Bs As du mieux que nous pouvions (même s'il reste encore beaucoup à voir), nous avions envie de changer un peu d'horizon et nous avons opté pour San Antonio de Areco. C'est, à ce que l'on dit, le plus beau village de la Pampa. Il est situé à deux heures de route de la capitale et offre un dépaysement complet pour les porteños.
Nous avons donc pris notre premier car "Nueva Chevallier" (c'est le nom de la compagnie), sièges en cuir "semi-cama" comme ils appellent ça, vue panoramique à l'étage: mieux que les avions! Une fois sortis de la ville, la Pampa montrait timidement son nez et nous avons pu avoir un premier aperçu de l'immensité des espaces.

Arrivés à San Antonio, nous nous demandions un peu où nous étions tombés: une petite station perdue au bord de la nationale, des chiens errants, des argentins bourrus... Lonely Planet nous a heureusement indiqué la route à suivre pour nous rapprocher du centre.
Il est difficile de définir le paysage urbain, il n'a rien avoir avec la capitale et en même temps, je n'arrive pas à le rattacher à quoi que ce soit de connu en Belgique ou en Europe... C'est comme les rues d'un Far-west en plus récent. Julien me disait que ça le faisait penser au Mexique (via des reportages tv), personnellement ça me rappelait certains de mes souvenirs brumeux concernant l'Argentine lors de ma venue il y a près de 15 ans.




Oui (chers lecteurs), il y a des orangers en pleine rue... C'est grisant! Inutile de vous dire que S. Antonio de Areco est petit comparé à Bs As. Nous en avons vite fait le tour (charmant, cela va sans dire!) et nous nous sommes retrouvés comme des imbéciles à marcher dans toutes les rues pour tuer le temps en attendant le car qui nous ramènerait dans la capitale =D.
Au moins, on peut dire qu'on connait le village comme notre poche! Nous nous sommes arrêtés dans un petit resto (on ne se prive pas!) où Julien est tombé amoureux de la serveuse, je lui ai dit que ce n'était que la première d'une longue liste (en Argentine j'entends!). Pour se consoler, il s'est épris d'un des nombreux chiens errants de la ville (euh... village, pardon) qui nous a suivi pendant un petit bout de temps. Je n'ai pas de photo de la serveuse mais j'ai une photo du chien... c'est mieux que rien!


Ze curiosité à ne pas rater était le musée gaucho à "l'extérieur" du village, il fallait passer le Puente viejo, ancien endroit de péage emprunté par les charrettes allant vers la capitale. Vous n'avez pas idée de la sensation que c'est de se retrouver de l'autre coté d'un pont, sur une sorte de chemin en terre au tracé vraiment approximatif, avec des chiens errants un peu partout, des maisons typiquement sud-américaines sur les côtés et des cavaliers au loin. Il ne manquait plus que le buisson roulant et la B.O d'Ennio Morricone, on s'y serait cru! 
Pour ce qui est du musée... disons que c'était une ancienne Estancia (très belle) réaménagée avec quelques objets typiques de l'age d'or Gaucho et une promenade dans le patio. Selon les dires de la réceptionniste, une partie du "musée" avait été inondée et était donc inaccesible, ce qui a fameusement écourté la visite :) Pas grave, c'était enrichissant et vraiment joli! 



Nous sommes revenus sur nos pas et avons déniché une petite fabrique de chocolat dans une des rues du village: La Olla de Cobre (la marmite de cuivre). Miiiiiiam! J'ai fait découvrir les Alfajores à Julien, patisserie typiquement argentine, nous avons bu un chocochino (1/2 café, 1/2 chocolat) au coin du feu et avons planifié le reste de notre périple (départ pour Rosario prévu demain!). Ici, ils servent les boissons chaudes avec un petit verre d'eau plate ou pétillante, c'est une brillante idée! La vendeuse nous a fait gouté un morceau de chocolat, nous avions vue sur l'atelier et leur produit ne se défendait pas trop mal! Bon ok, ça n'a rien avoir avec celui de chez nous mais il était loin d'être mauvais! L'endroit était vraiment charmant, tout en bois avec des chaises minuscules d'où nous avons eu du mal à décoller!


Pour conclure notre journée, nous avons marché jusqu'aux deux petits parcs (chacun à un coin de la ville) avant de retourner vers la station de bus et d'attendre notre carrosse. San Antonio de Areco a réussi à me faire sourire plus d'une fois et m'a permis de prendre un bon bol d'air après cette semaine passée en ville. Comme je l'ai déjà dit (je me répète, désolée!) demain signe notre départ vers Rosario, je m'en vais donc boucler ma valise! Je prévois un article sur la joie des autoroutes et le charme des faux billets... Pour l'heure, je vous dis à bientôt! 

mercredi 29 juin 2011

Une petite promenade... de 7 heures!

Je n'ai qu'une chose à dire: je suis fa-ti-guée!
Nous sommes partis ce matin avec un programme relativement chargé: La Boca puis Palermo et Recolta... je vous ajoute un plan de la ville pour que vous vous fassiez une idée du périple. Sur ce coup-là, on n'a pas été très malins mais on n'avait pas le choix: demain on part à San Antonio de Areco et après on quitte la ville en direction du Nord et de Rosario.


Bref, pour l'heure mes jambes me maudissent mais mes doigts sont encore plein de vigueur, je vais donc vous conter notre belle aventure:
Nous sommes descendus vers le quartier populaire de La Boca à partir de notre petit Microcentro. Plus nous nous rapprochions, plus le paysage se transformait et perdait de son uniformité. Nous sommes passés par San Telmo, un quartier à l'architecture très "vieille Europe" et aux habitants authentiques. L'art urbain s'y exprime ouvertement, vous découvrirez un article de mon cru là dessus en allant visiter le blog de KiroFactory.
En entrant dans la zone de La Boca, les trottoirs se transforment en dalles de béton approximatives, nous retrouvons des voitures (surtout des camionnettes) disparues de nos routes européennes depuis des décennies, les chiens errants se comptent par dizaine, il n'y a plus un seul marchand ambulant et les gens vous regardent d'un drôle d'air. Les bâtiments quant à eux sont tout simplement magnifiques, pleins de charme et d'histoire, on a envie de coller notre oreille contre le mur pour y écouter ce que la pierre a à nous dire. Je pense ne pas me tromper en disant que, pour Julien comme pour moi, c'est le quartier qui nous a le plus marqué et plu depuis que nous sommes arrivés. On y retrouve le cachet sud-américain, ce côté chaleureux et "convivial" entre les habitants: tout le monde est sur son perron, en train de papoter avec le voisin ou la voisine, rares sont les personnes qui se baladent seules, le regard vers le sol et les mains dans les poches. 
La première chose que nous avons vue en arrivant dans La Boca: le célèbre stade!


À l'aide de notre plan (en bons touristes que nous sommes) nous nous rapprochons du "caminito": Ze place to visit lorsqu'on se trouve dans le coin. On ne savait pas trop à quoi s'attendre et franchement, lorsque le paysage urbain a totalement changé au détour d'un chemin, nous n'en avons pas cru nos yeux... El caminito, c'est vraiment exceptionnel! 

L'entrée du lieu-dit "Caminito"... 
Selon le Lonely Planet, cet endroit grouille de monde le weekend à cause de son marché hebdomadaire. Je n'ose pas imaginer ce que signifie l'expression "grouiller de monde" pour les auteurs de ce guide, c'était déjà bien rempli quand nous sommes arrivés. On se serait cru dans la partie mexicaine de Disney Land ou je ne sais où... en plus "authentique" bien sûr, quoique touristique à souhait mais on ne peut pas leur en vouloir. 
Le tour de la zone se fait relativement vite et c'est dommage, on resterait bien des heures durant à se balader dans des rues de la sorte. C'est comme dans un rêve (plus les rabatteurs de restaurants, les siffleurs de taxi et les vendeurs de tableaux-minute... mais bon, on n'est pas difficile!)



Après nous être ravitaillés dans un petit resto plein de bonne viande (hééé oui, on fait vraiment "bonne chair" comme on dit chez nous!) nous sommes repartis vers le ch'nord et le quartier Palermo... sans se douter que c'était à ce point l-o-i-n. 
Pas grave, on aime marcher: ça nous permet de découvrir plus de choses. Sauf que cette fois-ci, on a eu un petit bug dans notre GPS infaillible (notre carte et nos sens de l'orientation innés... hem) et on a marché vraiment longtemps. Tellement qu'on a coupé à travers l'autoroute de la périphérie de la ville pour aller plus vite. Pas évident de slalomer entre les voitures, surtout quand on sait que les porteños ne connaissent pas le frein et se dopent à la coke relativement souvent (je l'ai vu de mes yeux vu: un chauffeur de bus qui prend son rail au feu rouge: rassurant!)... Heureusement qu'un ingénieur moins high que les autres a eu la brillante idée de créer une passerelle entre tous les embranchements afin de permettre aux pauvres petits piétons de sortir vivants de cet enfer :) 
Je vous ai filmé l'engin pour que vous vous fassiez une idée: 





J'avoue que nous avons pris le Subte (métro) par la suite mais c'était ridiculement inutile vu que nous sommes allés trop loin sur la rame et que nous avons du rebrousser chemin (à pied) vers notre destination: le cimetière de Recolta (non, nous ne sommes pas satanistes: c'est un célèbre cimetière plein de gens célèbrement décédés! Oui, je viens à l'instant d'inventer le mot "célèbrement"). Nous avions oublié un détail: il était 17h passées et les grilles fermaient à 18h, en plus nous étions encore loin de notre destination. Non non, détrompez-vous: la ville est grande mais pas à ce point là! Nous sommes juste parvenus à nous tromper dans le sens à prendre sur une avenue (vraiment très très longue). Quand nous nous sommes rendus compte que la visite du cimetière allait tomber à l'eau, Julien m'a rassurée en me disant que de toute façon, il devait aller au Hard Rock Café (qui se trouvait sur notre chemin) pour acheter des t-shirts à ses amis... "Ouf, on n'a pas fait tout ce périple pour rien!" Malheureusement, nous n'avions pas encore réalisé que nous nous dirigions dans la mauvaise direction (il y a vraiment eu un bug dans la matrice, encore maintenant on a du mal à comprendre comment on a pu faire pour se tromper à ce point!). C'est lorsque nous sommes passés devant un énième croisement (censé être à chaque fois le bon) que j'ai pris la carte pour vérifier: "Oh tiens, on se dirige dans le mauvais sens depuis une grosse demie-heure, il est tard et c'est loin... nul ça!" D'un commun accord, nous sommes rentrés à l'auberge pour une soirée pépère (blogage pour ma part, surfage pour Julien). Nous nous sommes platement vengés en faisant croire au cousin de mon comparse qu'il était parti avec une inconnue à la découverte d'horizons nouveaux... Il y a cru et y croit toujours, c'était marrant (on s'amuse comme on peut à l'autre bout du monde!)

À présent, nous essayons de réserver nos billets de car pour demain et après-demain, en vain... Problèmes de serveur: il est impossible d'avoir quoique ce soit. On se la jouera au petit bonheur la chance en allant directement à la station omnibus demain matin: keep fingers crossed! 

C'est tout pour aujourd'hui, encore quelques photos de la Boca pour le plaisir des yeux: 




mardi 28 juin 2011

Impressions impressionnantes!

Parler de l'architecture, des paysages, des rues, etc. c'est évidemment important mais je pense qu'il y a plein d'aspects tout aussi intéressants et bons à savoir. Je vais essayer de vous les faire ressentir de la meilleure façon possible...

J'ai déjà parlé de l'immensité des espaces, je pense que vous pouvez difficilement imaginer ce que c'est sans y être réellement. Au départ, j'avais la sensation d'être écrasée sous cette imposante architecture et ce grouillement incessant de vie autour de moi. À présent, je m'y suis accoutumée et j'observe les choses différemment.

Le métro fait partie intégrante de la ville et dessert la plupart des zone, sans couvrir la totalité de la capitale (ce serait impossible).
Les métros en eux-mêmes sont vieux, très vieux, il y en a même avec l'intérieur fait en bois. Il est inutile d'essayer de se tenir à quoique ce soit quand vous êtes debout, les gens qui se pressent aux alentours vous soutiennent et vice-versa... En d'autres mots: ça, c'est oppressant :)
Les transports en communs ne coûtent rien, un ticket de métro revient à 25 centimes d'euros et le billet de micro (autobus) est au prix de 20 centimes... Vous avez l'impression que la Stib nous arnaque? moi aussi!
Les bus ont tous un aspect différent en fonction de leur parcours, ils sont faciles à reconnaître une fois qu'on sait lequel va où. Dans un premier temps, c'est vraiment étrange de voir ces énormes véhicules rouler à toute allure, sans unité aucune. L'appareil pour composter son billet ressemble à un entonnoir géant, vous y laissez tomber les pièces (très rares, à garder précieusement dans le seul but de payer le bus... true story!) qui roulent jusqu'au centre où elles tombent littéralement dans un récipient en fonte rectangulaire et hop: magique, on vous donne un ticket :)
Conseil pratique: si vous prenez le micro, ne buvez pas avant... Il faut avoir le cœur bien accroché, et les mains aussi d'ailleurs... Ce n'est pas comme le métro: si vous ne vous tenez pas, vous risquez de valser à l'avant ou à l'arrière, selon la pédale choisie par le conducteur!

Je pourrais également vous parler du système scolaire, totalement différent du nôtre. Les études primaires et secondaires se font de la même façon que chez nous, à peu de chose près. Ce qui diffère en revanche, ce sont les études supérieures. Ici, on les réalise par modules: vous avez un nombre d'heures, de crédits à remplir et vous les répartissez comme bon vous semble. C'est vous qui décidez de la durée de vos études ainsi que de l'orientation qu'elles vont prendre. À l'inverse de chez nous, les argentins tendent directement vers une spécialisation très poussée, en fonction des options que vous choisissez, vous obtenez presque un diplôme "unique". C'est parfait pour trouver le poste que l'on désire, même s'il faut s'accrocher car en général, les études traînent en longueur et peu de gens finissent réellement diplômés. Ils ont tendance à laisser certains cours rébarbatifs de côté et privilégier ceux qu'ils aiment. Bref, ce système est à des années lumières du nôtre.

J'ai oublié de parler du tango dans l'article précédent: il n'y a pas grand chose à en dire si ce n'est que c'est une danse superbe et envoûtante, les pratiquants la vivent avec passion et ça se voit. Nous avons eu le bonheur de tomber sur des danseurs dans la rue: ils nous offraient leur spectacle en échange de quelques pesos... voici une petite vidéo pour le plaisir des yeux:


Pour conclure ce post, je vous parlerai des joies des auberges de jeunesse:

Hier soir, nous sommes allés manger un bout chez Giulia, mon amie expatriée ici. Nous avons fait des empanadas (pour plus d'infos: KiroFactory, section Trip&Food), bu du bon vin et passé une très chouette soirée.
Nous sommes rentrés en taxi (il y avait une fameuse trotte cette fois!) et une fois arrivée dans ma chambre, au chaud, je veux allumer la petite lampe de chevet. Pour ce faire, je me penche sur mon lit et je touche un corps... Ça bouge, ça crie "heeeeeey there's someone here" dans un anglais très british. Je réponds "heu... it's my bed, what the f***?!!" Nous sommes 6 dans la chambre, 5 filles et un heureux Brésilien (très intimidé je pense, il ne reste pas longtemps avec nous en général!)... L'intruse m'explique, en réveillant tout le monde, qu'elle ne pouvait pas retourner dans son dortoir pour des raisons obscures et qu'elle a demandé à l'accueil pour changer de chambre... On lui a donné la clé de la nôtre et évidemment, elle s'est mise dans mon lit. J'étais gênée de l'expédier comme ça mais il était tard et je n'avais pas envie de réfléchir, j'étais furieuse contre le staff : on ne distribue pas des clés comme ça bon sang! En plus, mes affaires étaient sur mon lit et l'usurpatrice ne s'est pas posé de question: elle les a mises par terre et s'est couchée... non mais! Au final, je me suis quand même renseignée sur son triste sort avant de retourner dormir en rigolant :)

Enfin, c'est folklorique et puis ça me donne des histoires à raconter, j'en ai déjà un sacré paquet!
D'ailleurs, j'ai acheté une carte SIM pour pouvoir communiquer avec la famille et Giulia plus facilement. Le problème c'est qu'il existe des recharges "virtuelles": vous allez dans un cyber-café et vous demandez qu'on vous recharge de X pesos. La dame me demande mon numéro, je lui donne, toute fière de l'avoir enregistré à "Moi Argentine" dans mon répertoire. Elle fait le nécessaire et me dit que je devrais recevoir la confirmation tout de suite. J'attends mais rien ne vient, du coup elle m'explique que je dois téléphoner à un numéro et suivre les instructions pour le faire manuellement. J'appelle le numéro en question et, après plusieurs choix, l'opératrice me dicte mon numéro pour que je le confirme... Et là, horreur: le numéro que j'avais encodé si fièrement dans mon répertoire n'était pas le bon... j'ai donc rechargé la carte d'un parfait inconnu de 20 pesos... et ça, c'est nul! J'en ris en me disant, une fois de plus, que ça me fait des histoires à raconter (heureusement!).

Sur ce, j'en garde quelques unes pour mon retour ;)

Puerto Madero y la Reserva Ecologica Costanera Sur

Il y a tellement de choses à faire et voir dans cette ville qu'on ne sait plus où donner de la tête. Ça en est presque décourageant parfois, frustrant même!
Julien et moi commençons à nous familiariser avec notre environnement, surtout les alentours de l'auberge et le nom des rues. Il faut avouer que c'est très facile: ce sont des plans en quadrillage, il est pratiquement impossible de se perdre et si c'est quand-même le cas, il y a toujours un taxi dans le coin qui sera ravi de nous déposer quelque part.
Plus la semaine avance, plus nous découvrons une animation croissante dans les rues. Parallèlement, plus nous nous éloignons de notre "zone", plus nous nous rendons compte de l'immensité de la cité... Les passages pour piétons sont longs d'une dizaine de mètres, les voitures ne sont pas du tout enclines à s'arrêter (même quand le feu est rouge pour elles) et il faut s'imposer pour avancer.
Nous ne comptons plus les kilomètres parcourus à pied, même s'il y a un métro (appelé Subte et vraiment très très cocasse) nous préférons marcher au grand air et découvrir le paysage urbain qui s'offre à nous à chaque coin de rue. Le jeu en vaut la chandelle car l'architecture est réellement superbe et surdimensionnée, tout est raffiné, fait dans le détail... On aime!

Pour l'heure, je vous parlerai de Puerto Madero, le plus jeune barrio (quartier) de Bs As. Il longe le Rio de la Plata et abrite la population huppée de la capitale. Avec ses allées pavées et ses anciens entrepôts en brique rouge reconvertis en lofts luxueux et en restaurants haut-de-gamme, la croisette de Cannes peut aller se rhabiller! Nous avons flâné tant que nous pouvions le long de la jetée, au rythme des clapotis de l'eau... un délice (je vous sens presque bercés vous aussi =D). Le quartier a sa propre police privée: la Prefectura, en costume militaire beige, elle impose le respect.



La puente de la mujer, œuvre d'un artiste espagnol représentant un couple de danseurs de tango.

C'est un endroit très reposant, on se croirait à des kilomètres de la ville et pourtant, nous atteignons le Microcentro en à peine 20 minutes à pied. Buenos-Aires est vraiment une ville pleine de surprise!

Au delà de Puerto Madero se trouve la réserve écologique de la ville: un bijou! L'entrée est libre et gratuite, fait étonnant vu le potentiel de ce parc. Une fois la grille franchie, vous changez totalement d'univers: bienvenus à Jurassic Park, dépaysement garanti!
La réserve propose plusieurs chemins à la longueur et aux paysages différents. Nous avons parcourus l'ensemble du domaine en essayant d'en voir un maximum et nous n'avons pas été déçus! Nous nous sentions réellement perdus au milieu de nulle part, seuls les grattes-ciel au loin nous rappelait que nous n'étions qu'à quelques pas de la ville.
Le parc recèle d'oiseaux en tout genre et même s'ils se faisaient discrets, nous les entendions dans les sous-bois et pouvions les observer de loin. Les pigeons dopés aux stéroïdes étaient présents mais il y avait aussi d'autres espèces comme des tout petits moineaux bleus, ou une autre sorte de petit échassier très coloré.
Deuxième fait étonnant concernant cette réserve: aucun touriste... Les seules personnes que nous avons croisées étaient des autochtones en train de faire leur footing. Pour ma part, je trouve ça navrant car cet endroit vaut réellement la peine d'être parcouru, ne fut-ce qu'en partie. De plus, il contribue énormément au renouvellement de l'air sur la capitale (dont la qualité initiale est médiocre).
Nous avons marché 3 heures durant parmi la végétation avant de terminer notre pseudo-boucle aux abords de la ville. Il nous a fallu quelques minutes de marche pour nous re-situer et pouvoir revenir dans le Microcentro pour manger une pizza bien méritée!


lundi 27 juin 2011

Premiers pas

Dimanche 26 Juin, Buenos Aires se réveille doucement, il fait frais (10°) mais cela suffit pour que les autochtones s'emmitouflent dans des polars, des écharpes et des bonnets. Ils sautillent sur place pour se réchauffer alors que nous passons à côté d'eux pleins d'énergie en humant le bon air matinal.
La moitié des commerces est ouverte le dimanche, les pharmacies ressemblent à des grandes surfaces et proposent bien plus que des médicaments. Les marchands ambulants sont toujours là, avec leurs thermos de maté (boisson nationale) et leurs gadgets invendables.
Pour ce qui est de l'architecture... c'est superbe, vraiment superbe: c'est grand, orné, centenaire et imposant. Il est souvent difficile de prendre assez de recul pour avoir l'ensemble de l'édifice ou de la rue en photo. On se sent humble, tout petit face à de tels ouvrages. Nous nous sommes baladés du coté du parc San Martin pour ensuite aller à la Feria San Telmo, un marché hebdomadaire d'antiquités. Ensuite, nous sommes revenus sur l'Avenida Florida pour manger une Parrilla (attendez de voir la photo!). Au soir: Galerias Pacifico, recherche d'un bar authentique (nous en sommes revenus bredouilles) pour terminer à l'auberge à faire une sorte de planning pour les jours qui restent dans la capitale.

Le Parc San Martin est vraiment grandiose, les arbres sont imposants, il y a des espèces de rouges-gorges géants qui font de la concurrence aux pigeons (eux aussi sont dopés d'ailleurs!) Pour l'instant, il y une "tour de babel" faite de livres du monde entier et vraiment impressionnante. On peut monter au sommet et être grisé par la vue, poétique à souhait!



San Telmo et son marché c'est vraiment quelque chose à vivre. Il y a énormément d'animations et des produits en tout genre, les commerçants crient à tue-tête, à qui voudra bien l'entendre, que leurs produits sont meilleurs que ceux du voisin!
Dans notre petit circuit, nous sommes passés par la Plaza de Mayo où se trouvent les bureaux de la présidente (nous sommes en pleine campagne électorale). Contrairement à chez nous, il n'y a aucun commerce sur les pourtours de la place, les édifices d'époque trônent fièrement et, une fois encore, on se sent vraiment minuscule.


La parrilla(da) mes amis, c'est gargantuesque... Amateurs de viande: fermez les yeux car vous ne vous en remettrez pas! Il existe des endroits où on propose une formule de viande (asados: cuite au grill) à volonté. Le tout est accompagné d'assaisonnements divers et de "papas fritas" pour ceux qui veulent.
Nous nous sommes renseignés pour trouver le meilleur "resto" (si on peut appeler ça comme ça). Nous avions le choix entre plusieurs formules mais nous avons préféré commencer par celle "de base", fort heureusement d'ailleurs car on ne pouvait pas imaginer ce qui nous attendait.
En Argentine, tout est bon dans le bœuf: rognons, autres boyaux non-identifiés, tout y passe. Il faut le savoir et il faut aimer! Le serveur vous apporte le tout sur un chauffe plat, ce qui est relativement plaisant vu la quantité de viande à ingurgiter. Una copa de vino tinto pour Julien et de l'eau pour moi (la soirée de la veille avait laissé quelques séquelles), nous voilà en train de dévorer le plat le plus monstrueux que j'ai jamais vu:


Après avoir englouti ça, je vous assure que vous n'avez envie que d'une chose: une sieste! Nous nous sommes péniblement dirigés vers l'auberge où nous avons sombré dans un sommeil digestif. Pendant ce temps, le match river-belgrano faisait rage et c'est sans le savoir que nous avons vécu un événement historique: jamais l'équipe des river plate n'était descendue en D2, c'est aujourd'hui chose faite. Le score de 1-1 ne leur a pas permis de se maintenir en D1... Je ne vous raconte pas les émeutes qu'il y avait dans les rues par la suite. Comme dirait Julien, la troisième mi-temps était vraiment plus palpitante que le match en lui-même. On sent vraiment qu'ici, les habitants vivent le foot à 10.000%.
Je pense que c'est la raison pour laquelle les rues de la capitale étaient pratiquement désertes le soir venu. Nous sommes partis à la recherche d'un café où des danseurs de tango donnaient des représentations mais nous n'avons rien trouvé. Tout était fermé, nous avons donc flâné dans les Galerias Pacifico... Superbe également, avant de rentrer à l'auberge pour une soirée soft.



Voici pour notre première journée découverte, il y a tellement de choses à voir et à vivre... C'est impressionnant!

Las luces de Buenos Aires...

Bs As by night version Giulia, c'est épique.
Nous logeons dans le quartier qu'on appelle "microcentro", c'est très vivant, plein de magasins et de marchands ambulants mais il y a peu de cafés, true story! Il faut aussi savoir que notre petite Belgique est le pays qui compte le plus de bars et de restaurants au km2, je suppose donc que notre dépaysement est justifié mais un peu exagéré :)
Giulia nous donne rendez-vous à 18h devant notre auberge pour partir vers le quartier de San Telmo (magnifique) où, dit-elle, il y a des endroits vraiment typiques où les touristes ne vont pas!
"typique" c'est peu dire: nous avons atterris dans un grand "café" dans le style de ceux présents sur la place des villages belges et qui s'appellent, pour restés originaux, "Café de la place" et qui sont remplis de vieux bourrus assis à la même place depuis des années :)
Bref, nous voilà assis dans ce bar à la tenancière peu commode qui traine les savates pour apporter la bière (1L de bière, pas de petites bouteilles de 25cl ici... ça ne rigole pas). Elle la décapsule d'une main, dépose les bocks et repart de son petit pas centenaire. Notre breuvage s'intitule " Isenbeck" et ressemble à une pils légère, buvable quoi!


Deux bouteilles plus tard, nous partons à la recherche de "choripan", sorte de pain saucisse carrément délicieux, au prix scandaleusement dérisoire (j'aime ce pays!). Nous avons mangé ça assis sur un tabouret, sur le trottoir, en écoutant 4 vieux argentins en train de débattre sur le match river vs belgrano. L'événement a toute son importance car si les rivers perdent, ils redescendent en D2, chose qui ne leur est jamais arrivée... imaginez un peu l'émoi!
Les gens sont passionnés ici, ils parlent de tout comme si c'était leurs dernières paroles, ils vous regardent avec franchise, disent ce qu'ils pensent à haute voix, même si ce n'est pas toujours tendre... Il n'y a pas (ou peu) d'hypocrisie dans ce genre de bouiboui, c'est authentique et magnifique!


Après les choripans engloutis (je pense que Julien ne voudra plus rentrer en Belgique, il avait l'air d'avoir reçu la visite du Saint Esprit directement sur ses papilles!) nous sommes retournés dans un deuxième bar assez cocasse, on avait l'impression de rentrer dans un café du début du 20e siècle... Les serveurs avaient les cheveux pleins de brillantine, ils portaient nœuds papillons et bolero et maniaient le plateau comme personne. Una copa de vino tinto a suffi à m'achever et nous sommes rentrés faire un roupillon bien mérité (il était 21h30... honte à moi!)


Bref, Buenos Aires la nuit c'est un autre monde: plus de touristes dans les rues, les voitures se font rares (en tout cas le weekend), les porteños sont sereins, zens et vraiment charmants. Ils sont curieux de savoir d'où l'on vient mais ne connaissent pas la Belgique en règle générale, c'est drôle de leur faire comprendre qu'il y a un petit pays à coté de la France...
Chose assez marrante: ça grouille de brésiliens et encore, je suis gentille. On en voit partout, ils sont réellement nombreux et ne parlent pas espagnol, ils s'adressent à nous en portugais en pensant qu'on va leur répondre le plus naturellement du monde. Giulia m'expliquait qu'ils venaient faire leurs achats ici, chose qu'elle ne comprend pas étant donné les prix élevés de la capitale (rassurez vous, ce n'est pas du tout élevé pour un belge!).

Voilà pour le chapitre "Les lumières de Buenos Aires", j'espère que j'ai pu vous transmettre mon ressenti de la meilleure façon qu'il soit!



samedi 25 juin 2011

Embarquement immédiat! (c'est peu dire!)

Jour J, Heure H-5: tout semblait se profiler de manière parfaite et idyllique… C'était sans compter sur les travaux autoroutiers qui ont envahis depuis peu notre chère Belgique. Arrivée chez Julien (mon comparse dans cette grande aventure, vous en entendrez souvent parler!) prévue à 12h tapante, quart d'heure académique oblige… nous sommes partis vers l'infini et au delà avec un léger retard.
En bons optimistes que nous sommes, nous étions confiants quant à notre trajet, toujours parfait et idyllique… C'était, de nouveau, sans compter sur le périphérique (Ouest) parisien (au brun, tête de chien!). Pour vous donner une idée de la tension qui régnait dans l'habitacle: 1 heure pour parcourir non pas 100, ni même 50, nooooon mesdames et messieurs nous parlons ici de la distance de 5 kms! rythme cardiaque élevé pour Hélène, sommeil profond pour Julien… Miraculeusement, nous sommes arrivés à Paris-Orly (note à moi-même: PLUS JAMAIS cet aéroport!) à 16h, décollage prévu à 16h40: tout va bien dans le meilleur des mondes. Point positif: pas de file au check-in.
Après des étreintes familiales humides, nous voilà partis sans transition vers notre porte d'embarquement: Buenas tardes Air Europa, conduit nous jusqu'à notre prochaine étape: Madrid Barajas.


1h30 de vol plus tard, nous voilà débarqués avec 20 minutes d'avance, histoire de rééquilibrer le karma… L'estomac dans les talons après cette journée épique, nous partons à la recherche d'un Burger King, oasis tant espéré de notre subconscient gastronomique.
Bilan: Barajas, c'est GRAND! Mais pas uniquement car Barajas, c'est VIDE! Après 2 kilomètres (toujours dans la même direction: terminal A) de déambulation affamée dans les dédales de cet aéroport, nous nous sommes goulûment jetés sur un repas diététique à souhait (ceci n'est pas ironique) composé d'eau, de salade et de sandwich au poulet (pour la coquette somme de 16 euros… sauf Julien qui a dragué allègrement la caissière et a obtenu un rabais de 50% sur sa note!) Nous avons mangé avec vue sur notre avion, une belle bête qui nous emmènera vers une contrée lointaine et pleine de mystère!

En attendant notre deuxième vol, nous avions le choix entre… Aldeasa, Aldeasa', Aldeasa", Aldeasas"', etc. (magasin duty free) sans zone de wifi ni possibilité de sortir prendre l'air… dépités, nous nous asseyons sur des sièges tailles XXL au confort XXS. Soudain, Julien distingue au loin une pièce en argent qui roule vers lui, elle a même déviée de sa trajectoire pour terminer sa course aux pieds dudit comparse. Venant de nulle part, telle un mirage en plein désert, cette pièce chinoise a fini dans mon sac (on ne sait jamais!).

22h05: décollage imminent pour Buenos Aires, Julien avait le siège n°19G et moi le n°59G: pas cool me direz vous! Heureusement, les passagers (argentins pour la plupart) étaient relativement zens et n'ont pas émis d'objection à ce que nous échangions nos sièges. Bref, nous voilà partis vers notre destination finale, après une sorte d'osso-buco assez goutû (et un verre de vino tinto parce que bon... c'est gratuit!) nous avons fermé nos petites paupières jusqu'à l'annonce du commandant de bord: Des cendres volcaniques empêchent les avions de décoller ou d'atterrir de Bs As, nous faisons donc un "détour" sur Rio où nous allons faire le plein d'essence (si je puis m'exprimer ainsi). Arrêt de 2 heures à l'aéroport national brésilien, de 3h à 5h (heure locale). Pour finir, nous sommes repartis en direction de Bs As et sommes arrivés avec 2h30 de retard, ce qui n'a semblé étonner personne :)

Je tiens d'ailleurs à signaler le flegme des argentins, je suis persuadée que si l'avion avait été rempli de français ou de belges, les hôtesses de l'air n'auraient plus su où donner de la tête et les passagers auraient été exécrables. Là non: tout le monde prenait son mal en patience et... c'est tout! C'est extrêmement reposant d'être assise à côté d'un argentin qui soulève une paupière à l'écoute du message du commandant et qui la referme aussitôt.

L'aéroport d'Ezeiza (à répéter 10 fois très très vite!) était synonyme de "bordel intégral": tous les vols annulés (sauf le nôtre), les pseudo-vacanciers entassés dans les terminaux, les valises dans les couloirs... Un vrai cirque pour une entrée en matière digne de ce nom! Une navette est venue nous chercher pour nous déposer près de notre auberge, où nous avons fait le check-in avant d'aller faire un tour dans les parages.

Buenos Aires est une ville immense, et encore le mot est faible. Il y règne une atmosphère conviviale et cosmopolite, les commerçants sont charmants et calmes, ils rient à nous entendre baragouiner des ribambelles de mots censées former une phrase correcte. Nous sommes dans la seule rue piétonne de la ville: Florida, pour vous donner une idée, c'est la rue neuve en... 5 fois plus long.





Il fait 12° mais il en paraît 15 ou 16, le temps n'est pas sec du tout même si les autochtones ont l'air d'avoir réellement froid! Nous n'avons pas encore exploré les environs plus que cela, nous sommes un peu jet-laggués et nous avons d'abord envie de nous mettre à l'aise. La ville promet d'être une vraie merveille, pour le peu que j'en ai vu, je me dis que je vais en prendre plein les yeux! Demain nous allons aller à la découverte du coin et au delà, pour l'heure mon amie Giulia qui vit ici ne va pas tarder à venir nous chercher pour nous emmener je ne sais où... Peut-être un Bs As by night? :)La suite au prochain épisode, je promets qu'elle sera on ne peut plus palpitante!