Bs As by night version Giulia, c'est épique.
Nous logeons dans le quartier qu'on appelle "microcentro", c'est très vivant, plein de magasins et de marchands ambulants mais il y a peu de cafés, true story! Il faut aussi savoir que notre petite Belgique est le pays qui compte le plus de bars et de restaurants au km2, je suppose donc que notre dépaysement est justifié mais un peu exagéré :)
Giulia nous donne rendez-vous à 18h devant notre auberge pour partir vers le quartier de San Telmo (magnifique) où, dit-elle, il y a des endroits vraiment typiques où les touristes ne vont pas!
"typique" c'est peu dire: nous avons atterris dans un grand "café" dans le style de ceux présents sur la place des villages belges et qui s'appellent, pour restés originaux, "Café de la place" et qui sont remplis de vieux bourrus assis à la même place depuis des années :)
Bref, nous voilà assis dans ce bar à la tenancière peu commode qui traine les savates pour apporter la bière (1L de bière, pas de petites bouteilles de 25cl ici... ça ne rigole pas). Elle la décapsule d'une main, dépose les bocks et repart de son petit pas centenaire. Notre breuvage s'intitule " Isenbeck" et ressemble à une pils légère, buvable quoi!
Deux bouteilles plus tard, nous partons à la recherche de "choripan", sorte de pain saucisse carrément délicieux, au prix scandaleusement dérisoire (j'aime ce pays!). Nous avons mangé ça assis sur un tabouret, sur le trottoir, en écoutant 4 vieux argentins en train de débattre sur le match river vs belgrano. L'événement a toute son importance car si les rivers perdent, ils redescendent en D2, chose qui ne leur est jamais arrivée... imaginez un peu l'émoi!
Les gens sont passionnés ici, ils parlent de tout comme si c'était leurs dernières paroles, ils vous regardent avec franchise, disent ce qu'ils pensent à haute voix, même si ce n'est pas toujours tendre... Il n'y a pas (ou peu) d'hypocrisie dans ce genre de bouiboui, c'est authentique et magnifique!

Après les choripans engloutis (je pense que Julien ne voudra plus rentrer en Belgique, il avait l'air d'avoir reçu la visite du Saint Esprit directement sur ses papilles!) nous sommes retournés dans un deuxième bar assez cocasse, on avait l'impression de rentrer dans un café du début du 20e siècle... Les serveurs avaient les cheveux pleins de brillantine, ils portaient nœuds papillons et bolero et maniaient le plateau comme personne. Una copa de vino tinto a suffi à m'achever et nous sommes rentrés faire un roupillon bien mérité (il était 21h30... honte à moi!)
Bref, Buenos Aires la nuit c'est un autre monde: plus de touristes dans les rues, les voitures se font rares (en tout cas le weekend), les porteños sont sereins, zens et vraiment charmants. Ils sont curieux de savoir d'où l'on vient mais ne connaissent pas la Belgique en règle générale, c'est drôle de leur faire comprendre qu'il y a un petit pays à coté de la France...
Chose assez marrante: ça grouille de brésiliens et encore, je suis gentille. On en voit partout, ils sont réellement nombreux et ne parlent pas espagnol, ils s'adressent à nous en portugais en pensant qu'on va leur répondre le plus naturellement du monde. Giulia m'expliquait qu'ils venaient faire leurs achats ici, chose qu'elle ne comprend pas étant donné les prix élevés de la capitale (rassurez vous, ce n'est pas du tout élevé pour un belge!).
Voilà pour le chapitre "Les lumières de Buenos Aires", j'espère que j'ai pu vous transmettre mon ressenti de la meilleure façon qu'il soit!
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